métro[zen]dodo

Des amitiés vestigiales

Julie Beck, The Atlantic :

The site has created an entirely new category of relationship, one that simply couldn’t have existed for most of human history—the vestigial friendship. It’s the one you’ve evolved out of, the one that would normally have faded out of your life, but which, thanks to Facebook, is instead still hanging around. Having access to this diffuse network of people you once knew can be pleasant—a curio cabinet of memories—or annoying; if those good memories get spoiled by an old friend’s new posts; or helpful, if you need to poll a large group for information. But it is, above all, new and unusual.

Ces « amitiés vestigiales »1 participent à l’érosion des normes sociales (« les ennemis de mes amis, même lointains, sont mes ennemis »), à la mise en scène permanente (« regardez comme mes vacances étaient géniales ! »), à une pression psychologique continue qui mène à une fatigue intellectuelle et émotionnelle (« que disent-ils ? » et surtout « que disent-ils de moi ? »), à la tyrannie de l’opinion (« je n’aime pas bien ce qu’il raconte, mais bon quand même, c’est un ami »). Mark Zuckerberg veut « rapprocher le monde », mais ce faisant, il l’empêche d’avancer. Ces relations fantômes ont permis le détournement de Facebook en arme de désinformation massive, parce qu’elles font grossir des bulles qui auraient dû exploser depuis longtemps.


  1. Enfin un mot pour décrire cette idée qui m’obsède depuis si longtemps !

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