Benoît Deschodt — Les journalistes sont nuls

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Les journalistes sont nuls, balance Benoît Deschodt… lui-même journaliste. La réussite de sa galerie de portraits tient dans son format, véritable comique de répétition : introduction, comparaison fumeuse, récit du traumatisme enfantin du plumitif, conclusion.

On peut lire cet opuscule d’un trait, mais il serait sans doute alors lourd, malgré sa brièveté. Il faut au contraire le lire entre deux bus ou pendant la cause café, portrait après portrait, pour mieux profiter de la répétition du même schéma, qui cerne au final les principaux défauts des journalistes.

J’ai pris un plaisir coupable à me moquer avec Deschodt du journaliste-buste TV, de la présentatrice-fesses météo, du commentateur-foie sportif. Et je suis arrivé au journaliste techno, portrait qui ne m’a pas du tout fait rire — ce qui veut dire que Les journalistes sont nuls tape dans le mille ! Ce petit ouvrage est une perle de cynisme que tout journaliste devrait lire (et relire), pour s’amuser certes, mais aussi, derrière la blague, faire un peu mal à son ego.

Seul regret : si la présentation de ce livre numérique est impeccable, comme bien souvent avec Walrus, aucune des trois versions proposées n’était exempte d’un bogue d’interlignage, quelle que soit la liseuse utilisée.