Ottessa Moshfegh — My Year of Rest and Relaxation

Comme j’aimerais détester My Year of Rest and Relaxation ! À l’instar de la narratrice anonyme, mon cerveau est trop prompt à condamner le monde qui m’entoure pour que ma vie soit tolérable. Mais voilà, Ottessa Moshfegh déroule une prose musicale, tantôt staccato (la liste des drogues réelles ou imaginées, les dialogues avec la psychiatre complice) et tantôt legato (le babil de l’amicale antagoniste Reva, le synopsis des films qui aident à s’endormir, la routine des réveils). Et puis l’on se rend compte que le 11 septembre 2011 arrive, que la fiction rejoint la réalité, sans que l’on sache qui est quoi, tant les images ressassées tiennent aujourd’hui du mythe fondateur d’une société névrosée, qui aurait bien besoin de quelques heures de repos et de relaxation.

Notes

I can’t point to any one event that resulted in my decision to go into hibernation. Initially, I just wanted some downers to drown out my thoughts and judgments, since the constant barrage made it hard not to hate everyone and everything. I thought life would be more tolerable if my brain were slower to condemn the world around me.

It concerned me that I was venturing out of the apartment while unconscious. It seemed antithetical to my hibernation project.