Mariette Navarro — Ultramarins

Est-ce une nouvelle qui voulait devenir un roman, ou bien un roman qui voulait rester une nouvelle ? Les matelots se jettent à l’eau, la commandante reste sur le pont, le navire tangue nonchalamment. Vingt hommes prennent soudainement conscience de la profondeur des océans, mais vingt-et-un remontent, comme si la peur de la mort s’était incarnée. Un courant semble emporter le récit, et puis Mariette Navarro perd littérairement pied. Ultramarins dérive entre deux eaux, celles du Danube freudien et celles de l’Atlantique bermudien, sans jamais prendre le large. Et pourtant ! Après quelques coups de plume à l’eau, et la plume vaut mieux que l’épée, il reste quelque chose d’une vague impression.

Notes

L’air marin, p. 35 :

On peut respirer encore et être déjà mort. On peut être discret, terriblement vivant. On peut porter la mer en soi, en n’ayant jamais senti l’odeur du sel, en n’ayant même jamais quitté la campagne ou la ville. On sait quand on est mort ou quand on est marin, même rivé au sol. On sait quand on dérive, quand on passe à côté. Quand le sol n’est pas ferme sous les pieds. On sait quand on est d’ici sans en être, et toujours appelé au départ.

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