Mario Vargas Llosa — Temps sauvages

« Je déteste toute forme de nationalisme, d’idéologie — ou plutôt de religion — provinciale, aux idées courtes et exclusives, qui rogne l’horizon intellectuel et dissimule en son sein des préjugés ethniques et racistes, car elle transforme en valeur suprême, en privilège moral et ontologique, la circonstance fortuite du lieu de naissance. », disait Vargas Llosa dans son « éloge de la lecture et de la fiction », en recevant son prix Nobel. Cet opposant historique au caudillisme soutient aujourd’hui les régimes les plus conservateurs et les plus corrompus de la planète, jusque dans son Pérou natal. Comment lire Temps sauvages, roman historique « plein de mensonges et d’omissions » à la chronologie confuse, qui n’est pas loin d’imputer la guérilla guatémaltèque aux seules ambitions réformatrices de Jacobo Árbenz Guzmán, sans garder cela dans un coin de l’esprit ?