Bienvenue sur mon (putain de) répondeur (qui n’est fait pour les chiens)

Anthony Nelzin-Santos

Ce n’est un secret pour personne : je n’ai jamais aimé le téléphone, moyen de communication synchrone, donc intrusif au possible. Ma détestation du téléphone est mon seul point commun avec Linus Torvalds : « je déteste les téléphones en général, ils sont énervants et vous dérangent lorsque vous travaillez, quand vous lisez ou faites quoi que ce soir d’autre ; et pour moi, un téléphone mobile c’est juste une chance d’être irrité où que vous soyez. » C’est pour quoi tous ceux qui ont essayé de me joindre sont tombés au moins une fois sur mon répondeur, soit que je n’ai pas vu leur appel, soit que je l’ai sciemment ignoré.

Si vous courez le risque de me déranger alors même que vous savez à quel point je déteste le téléphone, c’est que vous avez une bonne raison de le faire1. Suffisamment bonne pour que vous me laissiez un message, de manière à ce que je puisse vous recontacter au plus vite. Si vous suivez cette logique, vous comprendrez bien que si vous ne me laissez pas de message, je considère que votre appel n’était pas important, et que je n’ai donc aucune raison de dépenser de l’argent pour savoir ce qui était si peu urgent pour que vous vous sentiez obligé de me déranger entre la poire et le dessert2.

Et pourtant, sur quatre appels quotidiens que je reçois, dont un auquel je réponds, mon répondeur ne reçoit qu’un message. J’ai pris une habitude, qui va devenir toujours plus systématique : si je reçois un appel sans message, je ne rappellerais pas. Si vous avez l’audace de m’engueuler parce que je n’ai pas rappelé malgré votre absence de message pour m’expliquer l’urgence de la chose et me permettre de préparer ma réponse, préparez-vous non seulement à être très bien reçu, mais à ce que je vous raccroche au nez.

Si vous persistez, je risque fort non seulement d’ignorer vos appels aussi quand je suis disponible, mais même d’oublier qui vous êtes. À part un couillon égoïste qui a décidé de me faire perdre du temps, et qui ose rejeter son manque de civilité sur moi.


  1. Du genre très urgente et impossible à régler par courriel, mon mode de communication favori, car totalement asynchrone.
  2. Cela ne veut pas dire que je n’apprécie pas les appels des amis. Je les apprécie beaucoup — quand j’ai le temps de les prendre, car j’ai suffisamment de respect pour mes amis pour ne répondre à leurs coups de fil que si je suis sûr d’être à 100 % dans la discussion.