Du blog comme wiki personnel

Brian Lovin :

Think about blogging for a second: the fact that a list of posts is ordered chronologically by publication date, by default, is a bug in our incrementally-correct worldview. Blogging tools don’t create any incentive to go back and edit previous ideas or posts. Or, at the very least, the default ordering has a de facto side effect of fewer people being aware of revisions or reversals to previously-published ideas.

Justin Duke :

There’s something appealing about slowly reifying and gluing together discrete thoughts and snippets until they form an essay, and then gluing those together until they approach something like a book. I am picking the word “book” here not to represent a goal of publication or paper but to stand-in for something a bit grander than an essay: maybe a “thesis” is the right word.

Benjamin Ross Hoffman :

This essay started as a memory of a point I remember making a couple times in person, that therefore seemed worth creating an artifact of, an imitation of speech - but then in the process of creating an artifact, I added some detail to the model, which is more in the mode of writing as accounting.

Robin Rendle :

This place here is my library and anti-library. It is full of the worst and best parts of me, and with each I hope to better understand. And then hopefully improve. I want this place to be full of the half-finished things. The stories that aren’t good enough to publish, the ideas half-edited. I want the spelling mistakes and the excitement of not really having a plan when you sit down in front of your keyboard. This isn’t the New Yorker, I’m not here to impress anyone. I’m just a kid with a keyboard, typing and figuring out things as I go.

J’aime dire que « j’écris pour oublier » et que « je publie pour me souvenir ». C’est aussi – et surtout – une manière de donner corps aux idées vagues et de retenir des paroles qui s’envolent. Plus le temps passe, plus je vois métro[zen]dodo comme des mémoires passées et de futurs mémoires, déjà plus longs que deux gros romans1.

Il est pourtant bien difficile de remonter le fil de la réflexion, ou plutôt les fils, entremêlés dans le flux antéchronologique qui structure la plupart des blogs. J’ai récemment revu la page d’accueil de métro[zen]dodo pour mieux faire ressortir mes différentes temporalités de réflexion et mes différentes modalités d’expression. C’est comme si j’avais cinq sites en un.

J’ai remonté les mots-clés des billets, qui sont autant de conversations avec moi-même dans le temps, et les taxonomies des livres, qui sont autant de conversations avec d’autres dans l’espace de ma bibliothèque, dans les pages d’archives. Voyez cela comme un geste de protestation contre ce mouvement qui confond « mininal » avec « épuré » et « simple » avec « simpliste ».

Alors que notre capacité à tenir des discussions civilisées en mobilisant des arguments complexes est érodée par le déferlement constant des flux des réseaux sociaux et des chaines d’informations, je crois qu’il faut maintenant voir les sites personnels comme des wikis dont les articles se répondent, plutôt que comme des blogs dont les articles se succèdent. L’œuvre plutôt que les œuvres, en quelque sorte.

À partir de l’an prochain, mes listes annuelles seront publiées le 1er janvier et remontées après chaque révision. Je publierai mes fiches de (re)lecture avant d’ouvrir un livre pour la première fois, plutôt qu’après l’avoir fermé pour la dernière fois, et les complèterai au fil de la lecture. Je veux me forcer à montrer la construction d’une réflexion, souvent aussi instructive que sa conclusion, mais dissimulée par une timidité fort immodeste.


  1. Au grand désespoir de ma femme, qui a plus d’ambition pour moi que moi-même, et préfèrerait donc je termine mes brouillons de roman. Un jour, promis. ↩︎