De la confiance dans les technologies du web

Jeremy Keith, Adactio :

I’ve made no secret of the fact that I’m suspicious of third-party code and dependencies in general. Every dependency you add to a project is one more potential single point of failure. You have to trust that the strangers who wrote that code knew what they were doing. I’m still somewhat flabbergasted that developers regularly add dependencies—via npm or yarn or whatever—that then pull in even more dependencies, all while assuming good faith and competence on the part of every person involved.

Un système se juge à sa production. Les navigateurs produisent des bugs, des incompatibilités, des messages venant de corporations sans visage. La dernière librairie à la mode produit des solutions, des abstractions, des témoignages venant de confrères (re)connus. Les navigateurs demandent d’apprendre des normes, d’étudier des interactions, de comprendre les choix d’implémentations. Les librairies permettent d’oublier les bases ennuyeuses, de sauter les étapes, de répondre aux questions du product owner dans les standups il parait que l’on parle comme ça dans les agile startups qui sont on the edge.

Soyons bien clairs : les librairies résolvent de vrais problèmes. Nous avons développé la dernière version de MacGeneration à l’économie avec JQuery et KnaCSS, nous n’aurions jamais conçu le site du Club iGen sans Vue et Vite, et nous ne serions pas déjà en train de réfléchir au coup d’après sans NestJS. Mais nos nouveaux sites bourrés de JavaScript sont moins accessibles et moins résilients que nos anciens sites en HTML roulé sous les aisselles, un collègue chante les louanges de Tailwind tout en reconnaissant son mépris des subtilités du langage CSS, et nous faisons dépenser des tonnes de CO2 supplémentaires à nos lecteurs.

Lorsque je veux me préparer un café, je dois choisir la mouture adaptée aux grains que j’ai achetés chez mon torréfacteur, tenir le moulin d’une main et le filtre de l’autre, verser de l’eau filtrée dans le réservoir de la machine, attendre cinq minutes, puis boucher la carafe et jeter le filtre au compost. Lorsqu’ils veulent leur dose de caféine, d’autres sortent une capsule du paquet et appuient sur un bouton. Les capsules sont une aberration écologique, quoiqu’en dise la division greenwashing de Nestlé, et contraignent les choix, mais pourquoi devrait-on comprendre la fonctionnement de la machine avant d’obtenir une tasse ? Un système se juge à sa production.

Et il ne faudrait surtout pas remettre en cause le système.