Crayons

Un Staedler Noris 120 HB, comme j’en ai usé des dizaines, à la dorure près. Le fer a marqué son impression dans le bois, mais la feuille s’est décollée, sans que cela n’émeuve le « contrôle qualité ». Cela me prive d’un plaisir, celui de voir disparaitre les lettres dorées sous le frottement de mes doigts. Mais il faut croire que cela porte chance, c’est la première fois que je remplis une grille de mots croisés sans la moindre hésitation.

Un Bic Evolution jaune à rayures bleues, qui eut appartenu à ma grand-mère, cassé en deux. Je ne l’ai jamais vu briser un crayon, ni d’ailleurs vu utiliser ces affreux bouts de plastique qui se prennent pour des crayons. Était-il déjà amoché, comme furieusement jeté par Steinbeck, quand elle l’a incorporé à son nécessaire de couture ? Cette trace irrégulière m’émeut : elle témoigne d’une double absence.

Bref, j’ai commencé à remplir une bonbonnière de bouts de crayons.