Le jour d’après (13)

Quelques remarques au sujet du keynote d’ouverture de la WWDC 2021 :

  • le keynote d’ouverture de la WWDC 2020 était le premier de l’« ère Covid », qui mettait en scène un Apple Park immensément vide, ce keynote d’ouverture de la WWDC 2021 est le premier de l’« ère post-Covid », qui met en scène le retour progressif au bureau. Pour autant, Apple reviendra-t-elle au statu quo ante ? Les effets spéciaux et les saynètes renforcent le storytelling cupertinien, et transforment les présentations en longs clips publicitaires. Rien n’empêche de rouvrir le Steve Jobs Theater pour accueillir la presse et la claque, tout en diffusant des présentations pré-enregistrées.
  • la spatialisation sonore est l’une des pièces les plus importantes, mais aussi les plus subtiles, de la stratégie d’Apple en matière de réalité augmentée. Les audinateurs augmentent notre ouïe, dans une dimension avec la fonction de conversation boost ou le mode « Transparence », et dans les trois dimensions avec la spatialisation ou les annonces de Siri. Doucement mais surement, Apple change le rapport à notre environnement sonore, en commençant (fort intelligemment) par la musique.
  • Apple fait désormais la distinction entre iCloud, le service, et iCloud+, le forfait. Le nuage est traité comme une plateforme à part entière.
  • du langage de programmation aux canaux de distribution, en passant par l’environnement de développement, Apple contrôle toute la chaine de conception des applications. Ce mouvement trouve sa conclusion logique dans Xcode Cloud : en échange d’une infrastructure d’intégration continue et de compilation, et surtout d’un système simplifié de signature du code, les développeurs indépendants doivent définitivement abandonner la maitrise des moyens de production des applications.
  • Swift Playgrounds permet de créer des applications natives pour l’iPad depuis l’iPad. Autrement dit, selon ma définition très personnelle, l’iPad est désormais un ordinateur généraliste.
  • l’intégration fonctionnelle des plateformes porte ses fruits. SharePlay, les notes rapides, la rubrique « partagé avec vous » des applications de contenu, la nouvelle interface de Safari, les modes de concentration, les cartes enrichies, les fonctions de reconnaissance et de traduction du texte… sont disponibles sur tous les appareils à la fois. Paradoxalement, les différences entre les plateformes sont d’autant plus saillantes. Apple redéfinit jusqu’à la notion de « multitâche » : l’iPad permet d’utiliser plusieurs applications à la fois, mais le Mac permet d’utiliser plusieurs appareils à la fois.