De la lecture au temps du corona

Robin Rendle :

I haven’t read a book all year. During the course of the pandemic I haven’t been able to focus enough to get through anything longer than a blog post or a newsletter. Typically I’ll start reading something, the novelty will wear off, and then I’ll have no interest in pushing forwards. It’s like I can’t hold all the pieces of the story in my mind right now — the plot either gallops off leaving me behind or it’ll freeze in its step and I suddenly find myself begging to speed things up.

Stéphane Deschamps :

Me voilà rassuré. J’avais commencé à me demander si c’était une phase — le cerveau dans ses respirations est parfois avide, parfois atone —, et alors ce n’est pas grave sous réserve que ça ne dure pas, ou si je vieillissais ou ramollissais, et alors il y avait matière à s’inquiéter parce que (snob que je suis) une vie sans lire m’apparaît bien grise.

Au sortir du premier confinement, j’ai été pris d’une rage de lire1. Des journaux, que nous nous partageons au petit déjeuner et que nous dépouillons ensuite pour emballer les épluchures. Des magazines, dont nous guettons l’arrivée chaque semaine ou presque. Des bandes dessinées, qui égaient nos bibliothèques qui n’en finissent plus de déborder. Et puis des livres, bien sûr, il suffit de tendre la main pour trouver un bouquin commencé à l’instant ou le mois dernier ou dans trois ans. Si je n’écris pas, je lis, même dans ces rêves qui sont devenus plus intenses depuis que nous sommes enfermés. Parce que c’est le seul moyen de sortir, de voyager, de s’évader.


  1. Et d’écrire — mais pas de publier, ou pas ici. ↩︎