De l’impossible (et indésirable) objectivité journalistique

Peter Baker, correspondant du New York Times à la Maison-Blanche, cité par Caryn A. Wilson et Lara Takenaga :

As reporters, our job is to observe, not participate, and so to that end, I don’t belong to any political party, I don’t belong to any non-journalism organization, I don’t support any candidate, I don’t give money to interest groups and I don’t vote. I try hard not to take strong positions on public issues even in private, much to the frustration of friends and family. For me, it’s easier to stay out of the fray if I never make up my mind, even in the privacy of the kitchen or the voting booth, that one candidate is better than another, that one side is right and the other wrong.

Jason Kottke, en réaction :

There’s no direct analogy to not voting or not taking private positions on political issues for other areas of reporting, but just imagine being a technology reporter who doesn’t own a mobile phone or computer because they don’t want to show favoritism towards Apple or Samsung, a food reporter who is unable to dine at restaurants outside of work, or a style reporter who can’t wear any clothes they didn’t make themselves. Absurd, right?

Le mythe de l’objectivité journalistique doit mourir. Nous sommes les produits de notre temps, de notre famille, de notre éducation, de nos relations, de nos professions. Nous sommes nécessairement subjectifs, parce que nous sommes sujets, et non objets. La posture de la passivité érémitique n’est rien d’autre que cela, une posture, intrinsèquement… active.

Nous devons célébrer notre subjectivité pour mieux défendre la pluralité de la presse, seule garante de sa liberté. Une source ne peut rien fournir d’autre qu’un point de vue. C’est la diversité des sources, le kaléidoscope journalistique, qui permet d’approcher la vérité.

La prétention à l’objectivité, l’arrogance du « je peux atteindre la vérité vraie depuis ma tour d’argent », c’est l’hubris totale du journaliste qui croit incarner la presse. C’est le cancer du journalisme, un mal qui le tue à petit feu.

Vous avez envie de discuter ? Envoyez-moi un courrier électronique.
Vous voulez poursuivre la lecture ? Commencez ici.
Vous vous sentez l’âme généreuse ? Offrez-moi un livre !
Vous préférez allez voir ailleurs ? Voici quelques recommandations.