Récemment (1)

Comment garder une trace des lectures qui ont retenu mon attention, sans devoir trouver un titre plus ou moins alambiqué ? Comment publier une courte critique culturelle, sans pour autant ressusciter Kusikia ? Comment prévenir le pourrissement de mes notes éparses, lorsque je n’ai pas le temps — ni l’envie — d’écrire une notule ou un article ? Le format des « notes hebdomadaires » de Mark Boulton et de Melanie Richards1, ou des notes mensuelles de Tom MacWright, répond peut-être à ces questions.

In medias res

Traditionnellement2, les Espagnols gobent douze grains de raisin vert aux douze grains de minuit. En regardant la retransmission télévisée de la célébration à la Puerta del Sol, ma coupelle de raisins à la main, je me suis rappelé que je n’avais pas utilisé de vert depuis longtemps. Deux jours plus tard, la présente incarnation de métro[zen]dodo était en ligne.

Deux captures d’écran de métro[zen]dodo
Dix-huit mois séparent ces captures du précédent thème, dans sa première mouture à gauche, qui trahissait mon obsession d’alors pour la police IBM Plex, et dans l’une des dernières à droite, après l’apparition du mode sombre.

Les notes marginales ne m’ayant jamais totalement convaincu, je suis revenu à une colonne étroite et centrée. Cela étant dit, je continue à penser que l’on ne devrait pas choisir entre la capacité d’adaptation aux différents formats d’écran et la possibilité d’étaler les contenus sur l’axe horizontal. L’entête de métro[zen]dodo se transforme ainsi, sur les grands écrans des tablettes et des ordinateurs, en palette flottant sur le côté.

Si j’ai subtilement modifié ma palette de couleurs, changé la casse des titres, et travaillé l’épaisseur des bordures, la présentation de certains éléments est maintenant figée dans le marbre. Ainsi, le pied de page et la page d’archives n’ont pas reçu de modifications substantielles. Je me demande si, peu à peu, le reste du site ne va pas connaitre la même vitrification.

Voir

‌The IT Crowd. Revu pour la quatrième (?) fois, je crois que je ne m’en laisserai jamais.

‌The Two Popes (Netflix). Ces conversations entre les deux papes ont-elles vraiment eu lieu ? Qu’importe ! Jonathan Pryce et Anthony Hopkins sont formidablement convaincants dans leurs rôles respectifs. (Et rendez-vous-en compte, Netflix a financé la recréation de la chapelle Sixtine.)

The Mandalorian (Disney+). Un Space Marine s’entiche d’une peluche Disney. Pourquoi pas.

Décolonisations (Arte). Une série documentaire « à l’américaine », avec Reda Kateb dans le rôle de la grosse voix qui doit vous convaincre, et la sélection habituelle de musique contemporaine censée dynamiser les images d’archives. Mais un documentaire exigeant, qui n’est complaisant ni avec les puissances coloniales ni avec les libérateurs devenus tortionnaires, Pierre Singaravélou y a veillé. Seul regret : si Karim Miské et Marc Ball sont allés au-delà du seul continent africain, en abordant l’Inde et le Viêt-nam, ils ont oublié les Amériques.

Écouter

En rebranchant ma chaine Hi-Fi, après avoir testé le Sonos Amp pendant quelques mois, je me suis aperçu qu’elle ne recevait plus Jazz24. Ma radio favorite a revu son site web, désormais servi en HTTPS. Or ma chaine utilise vTuner, un service qui semble plus ou moins abandonné, et ne prend pas en charge les flux chiffrés. Heureusement, Jazz24 maintient encore un flux HTTP, et vTuner permet d’ajouter des flux personnalisés. Je l’ai déjà dit : le web est une source d’obsolescence trop souvent ignorée. Ma chaine Hi-Fi fonctionne toujours, mes besoins n’ont pas changé d’un iota, mais le web ne s’est pas arrêté de tourner.

Pasquale Grasso, Solo Holiday. Pasquale Grasso est l’un des meilleurs guitaristes jazz du moment, avec son phrasé délié et son contrepoint inspiré du classique. Solo Holiday ne changera pas l’histoire du jazz, mais vaut mieux que la soupe saisonnière habituelle.

New York Philarmonic/Leonard Bernstein, Rhapsody in Blue. Je ne peux pas écouter Rhapsody in Blue une fois : je dois l’écouter une demi-douzaine de fois, puis An American in Paris, puis les danses symphoniques de West Side Story, jusqu’à l’écœurement. Et comme Rhapsody in Blue vient d’être élevée au domaine public…

Jellyfish, Split Milk. La power pop californienne des années 1990, c’était quand même bien (via).

Charlie Haden et Hank Jones, Steal Away. Comment Charlie Haden peut avoir un tel groove sans jamais perdre la mesure, cela me dépasse. Ses deux albums avec le pianiste Hank Jones des triomphes de sobriété, mais Steal Away l’emportera toujours, pour « Wade in the Water » et « We Shall Overcome ».

Lire

J’ai commencé à lire Ruined by Design de Mike Monteiro, et Becoming de Michelle Obama3. Par ailleurs, je retiens ces articles :


  1. Parmi tant d’autres.

  2. Pour autant qu’une pratique à peine centenaire, créée pour écouler les surplus d’une récolte abondante, puisse être qualifiée de « tradition ».

  3. En livre audio. Est-ce que je devrais le mettre dans la section « Écouter » ?

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