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Image Anthony Nelzin-Santos.

Récemment (2)

Pour la première fois, j’ai renvoyé une machine sans l’avoir épuisée… mais en l’étant. Le Mac Pro 2019 dépasse franchement mes capacités. À défaut d’avoir réussi à le pousser dans ses derniers retranchements, j’ai pu éprouver mes propres capacités. J’ai travaillé dans un véritable studio photo, j’ai révisé mes fondamentaux de l’architecture des processeurs, j’ai appris à utiliser de nouvelles applications professionnelles, j’ai même mesuré la dissipation thermique de radiateurs électriques.

Je crois pouvoir rendre justice à cette machine, comprendre ses défauts et ses qualités, répondre aux questions de mes lecteurs, affiner mon discours sur la stratégie d’Apple. Mais je sais que je ne peux pas tout expliquer1, que certains aspects m’échapperont durablement. Et vous savez quoi ? C’est incroyablement enthousiasmant. Je dois essayer de passer au niveau supérieur et, que j’y parvienne ou non, changer ma manière d’appréhender les choses.

Voir

Don’t F**k With Cats: Hunting An Internet Killer (Netflix). Je ne suis pas particulièrement adepte du true crime. Je déteste les reconstitutions anachroniques des sites et réseaux sociaux. En entendant la « règle zéro » du web, j’ai levé les yeux au ciel si fort que je m’en suis fait un torticolis. Mais je suis resté fasciné par cette œuvre de pure fiction déguisée en documentaire, cette compilation de vidéos abomifreuses entrecoupées de témoignages à la spontanéité planifiée, cet hommage nombriliste au plus grand pervers narcissique des années 2010.

The Morning Show (Apple TV+). Les critiques voulaient se payer Apple, et The Morning Show a morflé. The Morning Show n’est certes pas The Newsroom, l’exposition prend deux fois plus d’épisodes que l’intrigue, Reese Witherspoon est totalement incongrue dans le rôle de la jeune première, et Billy Crudup semble jouer dans une série infiniment plus intense. Mais les trois derniers épisodes, qui mêlent habilement le jeu de pouvoir au commentaire sur les us et abus du mouvement « #MeToo », sont superbement ambitieux.

For All Mankind (Apple TV+). Une uchronie dans laquelle le cosmonaute soviétique Alexeï Leonov a marché sur la Lune avant Neil Armstrong ? J’étais convaincu avant de regarder la moindre seconde de For All Mankind. Les effets spéciaux chancelants des premiers épisodes n’ont pas eu raison de mon enthousiasme, seulement tempéré par la succession un tantinet caricaturale d’échecs américains. Mais avec un président Ted Kennedy et une base habitée par une femme homosexuelle, la deuxième saison ne peut pas arriver assez tôt.

Écouter

La sélection du « Mix découverte » d’Apple Music est affligeante. Apple s’entête à me proposer des genres que je déteste, ce n’est pas faute d’utiliser le bouton Je n’aime pas, et ignore les genres que j’adore, ce n’est pas faute d’ajouter trois albums de jazz à ma bibliothèque chaque semaine. Depuis la mi-novembre, la liste des nouveautés personnalisées n’a gagné que quatre albums, sans aucun rapport avec mes préférences musicales.

Pour ne rien arranger, Apple a retiré la possibilité de réinitialiser son profil. Je suis à deux doigts d’annuler une nouvelle fois mon abonnement, mais cette fois, je ne suis pas certain de passer chez Spotify. Les services de streaming mêlant sélection informatisée et curation humaine devaient être la radio du XXIe siècle, mais il s’avère que la radio du XXIe siècle est… la radio.

Surprise Chef, All News is Good News. Certains albums me donnent l’impression d’être la bande originale de films qui n’ont pas encore été tournés. Selon ce principe, All News is Good News est digne d’un Oscar.

Jazz at Lincoln Center Orchestra/Wynton Marsalis, Una noche con Rubén Blades. Ce n’est pas le Lincoln Center Orchestra de Wynton Marsalis, mais le Lincoln Center Orchestra avec Wynton Marsalis. Comme sur la jaquette, le trompettiste prend place parmi ses musiciens, et laisse Rubén Blades diriger les opérations avec sa voix puissante et assurée. Le résultat dépasse la somme des parties. C’est de la classe pure.

Nils Landgren et Jan Lundgren, Kristallen. Je suis un homme simple : je vois Nils Landgren, j’écoute, j’aime, je réécoute.

Lire

Après avoir fini ‌Ruined by Design de Mike Monteiro, j’ai enchainé sur des lectures plus distrayantes, tout en progressant péniblement dans ma lecture auditive de la biographie de Michelle Obama. Par ailleurs, je retiens ces articles :


  1. D’autant que je ne pourrais probablement pas tester la configuration la plus puissante, le fond de caisse de MacGeneration n’étant pas extensible à l’infini. ↩︎

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