Récemment (5)

Vous me permettrez de citer L’enracinement de Simone Weil, sans le moindre rapport avec l’actualité, bien entendu :

Car le prestige supérieur de la nation est lié à l’évocation de la guerre. Il ne fournit pas de mobiles pour le temps de paix, excepté dans un régime qui constitue une préparation permanente à la guerre, comme le régime nazi. Excepté dans un tel régime, il serait dangereux de trop rappeler que cette patrie qui demande à ses enfants leur vie a pour autre face l’État avec ses impôts, ses douanes, sa police. On s’en abstient soigneusement ; et ainsi il ne vient à l’idée de personne que ce puisse être manquer de patriotisme que de haïr la police et de frauder en matière de douane et d’impôt. Un pays comme l’Angleterre fait dans une certaine mesure exception, à cause d’une tradition millénaire de liberté garantie par les pouvoirs publics. Ainsi la dualité de la morale, en temps de paix, affaiblit le pouvoir de la morale éternelle, sans rien mettre à sa place.

Voir

The Chef Show (Netflix). Dinner for Five, remis au gout de Netflix. Si j’avais une équipe de production dans mon répertoire et quelques millions de dollars sur mon compte en banque, je suppose que moi aussi, j’irais tailler le bout de gras avec mes riches amis.

Formula 1: Drive to Survive (Netflix). Une source familière du sujet mais forcément anonyme m’assure que cette deuxième saison aurait pu s’appeler Loft Story: Formula 1. (Blague à part, la stratégie numérique de Liberty Media est redoutable. J’avais complètement lâché la F1, mais l’application et la chaine YouTube officielles m’ont replongé dedans.)

My Neighbors the Yamadas (Studio Ghibli/Netflix). かわいいいいいいいいいいいい。

Écouter

Chick Corea Trilogy. À 78 ans, Chick Corea a perdu l’agilité de ses jeunes années, mais semble avoir encore gagné en musicalité. Il déroule de longs rubans sur les 88 touches de son piano Yamaha, aux limites des présupposés harmoniques, sans tomber dans la dissonance prétentieuse. Généreux, il sait laisser place au groove implacable de Christian McBride et à l’incroyable dynamique de Brian Blade, en interjetant seulement quelques notes pour dilater ou compresser la mélodie. Les vingt dernières minutes semblent durer trois siècles, où les sonates de Scarlatti s’entremêlent avec ses propres compositions, les clichés hispanisants s’évanouissant parmi les références aux grands standards. À la sortie, une pile de disques dédicacés est apparue à la boutique — combien de stars absolues du jazz s’embêtent encore avec ça ?

Lire

Entre L’enracinement de Simone Weil et l’encyclique Laudato si’ « sur la sauvegarde de la maison commune », j’ai achevé ma lecture auditive de Sapiens. Et donc non. Par ailleurs, je retiens ces articles :