Récemment (6)

Le sous-titrage vélotypé des interventions du président de la République m’a rappelé que ma grand-mère paternelle, qui m’a offert ma première machine à écrire, était sténotypiste1. Si les vélotypistes tapent très vite, les sténotypistes tapent extrêmement vite. Ma grand-mère pouvait taper 200 et quelques mots par minute pendant des heures, quand mes doigts s’emmêlent après quelques minutes au-delà des 110 mots2. J’ai toujours voulu apprendre à utiliser une sténotype, mais les modèles informatisés sont incroyablement chers, et l’apprentissage reste difficile. Mais comme toujours, je me demande comment cet outil pourrait influer sur mon écriture. En attendant que les systèmes de reconnaissance vocale soient parfaitement fiables, il s’agit du seul dispositif capable de suivre le train de la pensée à voix haute.

Voir

Zero, zip, zilch, nada. Je suppose que cela va changer dans les prochaines semaines.

Écouter

Passion selon saint Jean (Bach Collegium Japan/Masaaki Suzuki). J’attendais avec impatience la représentation de la Passion selon saint Jean, l’une de mes œuvres classiques favorites, par le Bach Collegium Japan de Masaaki Suzuki, à l’Auditorium-ONL. Puisqu’elle a été annulée, je me suis rabattu sur le superbe enregistrement de 1999. Je compte bien enchainer avec la reproduction de la Passion selon saint Mathieu fraichement pressée, et égrener les cantates au fil du confinement. On a fait pire occupation.

I Think I’m Good (Kassa Overall). À ma grande surprise, je reviens vers les classiques du nu jazz et l’acid jazz qui ont formé la bande-son de mon adolescence, et de proche en proche, vers le jazz hip-hop. Après Go Get Ice Cream and Listen to Jazz, sorti à l’époque lointaine où nous pensions que tout irait mieux dans les années 20, I Think I’m Good confirme que le batteur-rapeur Kassa Overall bercera ma trentaine.

Forevergreens (Tonbruktet), Kind of Tango (Wolfgang Haffner), Playing Gerschwin (The Deutsche Kammerphilarmonie Bremen/Iiro Rantala). Un jour, ACT va proposer un abonnement à ses dernières sorties. Ce jour-là, je déclarerai ma faillite personnelle.

Lire

Puisque j’ai beaucoup écrit, et (enfin !) publié mon dossier sur le reconditionnement des téléphones, mes bouquins sont restés fermés. Par ailleurs, je retiens ces articles :


  1. Fraichement diplômée de l’école Pigier, ma grand-mère a commencé une carrière de secrétaire médicale, avant d’intégrer le corps des greffiers de la Cour de cassation. Sa compagne, ma « troisième grand-mère », a longtemps dirigé le greffe de cette vénérable institution, après une première carrière à la Cour des comptes. Les deux viennent de familles pauvres, l’une de paysans berrichons et l’autre de républicains espagnols. À l’époque de leurs vingt ans, entre la Seconde Guerre mondiale et le choc pétrolier, l’ascenseur social n’était pas encore grippé. ↩︎

  2. Ce qui m’empêche de transcrire une interview en temps réel, comme cette journée passée à rembobiner mon dictaphone l’a encore prouvé. ↩︎