Du « retour » du livre imprimé

Duncan Stewart, directeur de la recherche « dans le secteur des Technologies, médias et télécommunications » chez Deloitte Canada, The Hamilton Spectator :

Young Canadians are shifting toward print faster than any other age groups, and moving away from ebooks and audiobooks faster than any other age group.

Après quelques révisions du Kindle et la présentation de l’iPad, les livres numériques semblaient représenter le futur de l’édition. Ces mots de Craig Mod, publiés quelques semaines après la présentation de l’iPad, rappellent les espoirs du début des années 2010 :

It’s no wonder we love our printed books — we physically cradle them close to our heart. Unlike computer screens, the experience of reading on a Kindle or iPhone (or iPad, one can assume) mimics this familiar maternal embrace. The text is closer to us, the orientation more comfortable. And the seemingly insignificant fact that we touch the text actually plays a very key role in furthering the intimacy of the experience.

Las, les ventes de livres numériques ont atteint un pic dès 20131, et plafonnent (aux États-Unis) voire baissent (en France) depuis. Le rêve d’un livre authentiquement numérique et intimement incarné semble nous échapper. Les éditeurs ne vendent pas des livres numériques, mais des livres numérisés. Les flux ont emporté les journaux numériques sur leur passage, et cultivent nos opinions plutôt que notre curiosité.

Pourtant, le numérique a bien triomphé sur le papier. Livres vaguement érotiques aux normes établies, séries pour les « jeunes adultes » rédigées à un rythme industriel, (pen)sommes de « développement personnel », recueils de poésies… Aux États-Unis du moins, selon NPD Bookscan, les livres les plus populaires sont de plus en plus courts, la faute à YouTube2 et Netflix3.

« More forms of media entertainment are now competing for our attention », explique l’analyste Kristen McLean : « as a result, the print books we’re reading are shorter, because there are more demands on consumers’ free time, as they stream more video and listen to more podcasts and audiobooks. » Or la « lecture » auditive est une lecture numérique. Quand je disais que le livre avait explosé


  1. Tout rapprochement avec la conclusion du procès ‌United States v. Apple Inc., qui a éliminé le principal concurrent d’un leader endormi au volant, serait évidemment hasardeux. ↩︎

  2. Où l’on trouve les chaines des auteurs-influenceurs des livres de développement personnel, et surtout des communautés de lectrices extrêmement dynamiques. ↩︎

  3. Où l’on trouve des adaptations de livres à succès. ↩︎