Le RSS n’est pas à vendre

RSS. Really simple syndication. Ou pas : il faut trouver le flux du site que l’on voudrait suivre1, il faut trouver une application pour regrouper tous ces flux, il faut trouver un service pour synchroniser la progression de la lecture. Et puis, surtout, il faut se prêter au jeu d’un support lent et protéiforme.

Quand on n’a pas connu le web avant les immenses réseaux centralisés, quand on n’a pas connu la grandeur et la décadence de Google Reader, quand on suit des « tendances » plutôt que des personnes, la mécanique des flux RSS est étrange et étrangère. Parce que j’ai connu tout cela, parce que je crois que les personnes valent mieux que les « tendances », je ne l’abandonnerai jamais.

Ce n’est pas un algorithme qui décide ce que je peux voir et ce que je ne devrais pas voir, ou pas maintenant. C’est moi, et moi seul, qui constitue la liste des flux dont les éléments apparaissent dans l’ordre chronologique. Ce sont les auteurs de ces flux, et eux seuls, qui peuvent recommander d’autres lectures.

Le « bouche à oreille » tient lieu de « graphe social », qui n’est pas la propriété exclusive d’une multinationale qui vend mes relations au plus offrant. Je partage volontiers ma sélection de flux RSS, sans cesse renouvelée, mais rien ne m’aurait empêché de la garder pour moi.

Je pourrais utiliser une application gratuite, comme NetNewsWire, qui sait synchroniser ses données avec iCloud. Je pourrais même opérer mon propre serveur de synchronisation avec FreshRSS ou MiniFlux. Je préfère soutenir le développeur d’une application plus léchée, Reeder, et le concepteur d’un service de synchronisation plus pointu, Feedbin2.

Alors qu’une seule voix finit par s’imposer sur les réseaux dits sociaux, celle de leurs multimilliardaires de propriétaires, des dizaines de voix se partagent mon agrégateur de flux. Plutôt que d’essayer de crier plus fort que les illustres inconnus qui sont devenus les piliers du café du commerce numérique, je préfère discuter avec quelques-uns de mes meilleurs amis, au rythme paisible d’une paire de courriers électroniques l’année.

La source des flux RSS est intermittente : après avoir lu quelques dizaines d’articles, il faut attendre quelques minutes ou quelques heures, le temps que de nouvelles gouttes perlent. C’est bien, aussi, d’attendre. Parfois, je me rappelle même que je peux poser mon télécran connecté. D’ailleurs…

Mon compte Twitter personnel, déjà largement compromis, ne sera plus alimenté. Le compte de métro[zen]dodo et du podcaaast continueront à fonctionner en pilotage automatique. Le flux RSS de métro[zen]dodo est disponible ici, vous pouvez vous abonner au podcaaast dans l’application de votre choix, et vous pouvez toujours me contacter par courrier électronique.


  1. Quand il existe. Je suis atterré par le nombre de sites qui sacrifient des barres entières aux icônes des réseaux sociaux, mais font l’impasse sur le flux RSS, notamment dans le monde associatif. ↩︎

  2. Qui me permet de suivre des comptes Twitter, des chaines YouTube, et des newsletters dans la même interface. ↩︎