De la ville comme service

Guillaume Dezobry, Louis de Fontenelle, et Carine Staropoli, dans une note du think tank Terra Nova (via) :

C’est dans un environnement réglementaire en construction que les collectivités vont devoir s’emparer du sujet et faire des choix stratégiques et structurants pour la mobilité sur leur territoire et pour les modèles économiques des opérateurs de mobilité. Vont-elles réussir à dépasser les incomplétudes et incertitudes réglementaires au risque de ne pouvoir mettre en œuvre une politique de mobilité durable ambitieuse et cohérente dans laquelle les trottinettes électriques en free-floating ont toute leur place en complément des autres modes de déplacement publics et privés ? Concrètement, cela implique pour la collectivité de définir une politique d’open data ambitieuse et cohérente et une politique de mobilité durable inclusive et multimodale à bonne échelle.

Oui, oui, et encore oui. La ville doit devenir productrice d’intelligence collective, à travers une plateforme publique de données urbaines. La « ville comme service », en quelque sorte. Les opérateurs de transport, privés comme publics, doivent s’inscrire dans un continuum de propositions qui se complètent et se répondent. L’algorithme qui préfère tel itinéraire et tels modes, selon le moment ou les conditions, relèverait de la puissance publique1. C’est ainsi que l’on pourrait co-construire une politique de transport flexible et robuste, qui garantirait le primat du compromis citoyen sans interdire l’imprévu de l’innovation.


  1. Ce qui n’empêcherait pas la conception de systèmes privés alternatifs, mais ceux-ci ne pourraient pas opérer sans contribuer au pot commun, qui serait ainsi une plateforme collaborative plutôt que concurrentielle. ↩︎