C2C — Tetra

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Quatre membres, quatre fois champions du monde de DMC, et maintenant un album baptisé Tetra : C2C est fétichiste du chiffre quatre. Et l’on peut précisément résumer Tetra en quatre pistes.

Down The Road, avec son harmonica fou, ses guitares saccadées et ses voix sorties du bayou, apporte une touche blues que l’on retrouve aussi dans Delta, qui lui vire vers le funk. On entend dans le premier un peu de Daft Punk, le deuxième n’aurait pas dépareillé dans un album sous acide de Jamiroquai, de bons augures.

Because of You rappelle très clairement Gorillaz, trop peut-être. Il est de ces morceaux très pop de l’album, sans pour autant être éloigné des bases de C2C — Tetra est de manière générale à la fois très accessible, sans pour autant être fade.

Happy, d’ailleurs, est directement inspiré du répertoire « classique » de C2C, et est sans doute mon coup de cœur de l’album (Étienne, tu avais raison). C’est un véritable bijou électro-swing, genre présent à travers tout l’album ou presque.

Arcades est un bijou d’un autre genre : c’est une sorte de dentelle de sons, de mille-feuilles musical, avec un clavecin en bonus. Dans le même genre, Le Banquet, qui le suit, est un compendium de scratching — les deux forment un ensemble un peu plus « dur » qui se résout dans un F.U.Y.A. plus ambient, comme posé là pour faire atterrir l’auditeur.

Je ne suis pas particulièrement versé dans le turntablism : que je sois sensible à un album comme Tetra montre à quel point il est bien réalisé. Il est tout simplement irrésistible.