Christopher McQuarrie — Jack Reacher

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Souvent comparé à Drive, sans doute pour son excellente double course-poursuite nocturne, Jack Reacher rappelle plutôt l’Inspecteur Harry, et de manière générale les bons polars américains des années 1970.

Christopher McQuarrie livre de fait un film extrêmement classique, avec ses faux rythmes permettant de faire respirer les personnages, sa théorie du complot ouvrant des pistes faisant douter le spectateur juste ce qu’il faut, et ses indispensables scènes plus musclées parfaitement chorégraphiées. Convoquer Robert Duvall (Bullitt, Apocalypse Now, etc.) ne fait qu’ancrer un peu plus Jack Reacher dans cette longue lignée de films « de vigilante ».

Tom Cruise, l’acteur que j’aime le plus détester, y distille un flegme sympathique qui sort Jack Reacher du simple hommage pour en faire une mise à jour plaisante du concept. Le désormais cinquantenaire joue volontiers avec son image, mettant un point d’honneur à réaliser lui-même les cascades automobiles, mais aussi à montrer ses pectoraux à intervalles réguliers, comme une savante auto-dérision.

Ce film est adapté du neuvième tome d’une série de livres très populaire aux États-Unis, mais a le bon goût de ne pas particulièrement s’étendre sur l’histoire du héros éponyme. On ne serait ainsi pas étonné que Jack Reacher revienne à l’écran pour de nouvelles aventures et, à vrai dire, on en redemanderait presque. Voilà un excellent petit plaisir honteux.