De la fin du programme d’affiliation de l’App Store

Eli Hodapp, Touch Arcade :

Moments ago, Apple announced that they’re killing the affiliate program, citing the improved discovery offered by the new App Store. (Music, books, movies, and TV remain.) It’s hard to read this in any other way than “We went from seeing a microscopic amount of value in third party editorial to, we now see no value.” I genuinely have no idea what TouchArcade is going to do.

La décision d’Apple est mesquine, mais les sites dont la survie dépend du programme d’affiliation de l’App Store méritent ce qui va leur arriver. Ce programme pouvait constituer une source confortable de revenus aux débuts de l’App Store, lorsque les applications étaient souvent payantes et parfois chères. La commission est dérisoire, 7 centimes par euro, mais peut financer quelques salaires d’une grande rédaction spécialisée.

Mais pour qu’il y ait commission, encore faut-il qu’il y ait achat. Or les éditeurs ont adopté le modèle freemium, l’acte de paiement s’est décalé à l’intérieur des applications, où la conversion est plus difficile. J’ai pu constater la précarité de l’économie de l’affiliation lorsque j’ai publié Les meilleures apps iPhone et iPad, le premier — et seul — livre gratuit de MacGeneration1, il y a déjà trois ans.

Trois ans pendant lesquels nous avons, comme la plupart de nos confrères, accéléré notre indépendance du programme d’affiliation de l’App Store, et plus généralement diversifié nos sources de revenus2. Les sites qui assurent aujourd’hui être surpris sont les sites qui n’ont pas tiré les leçons de la baisse progressive de leur chiffre d’affaires, du coup de semonce de l’an passé3, et de la montée en puissance de l’équipe éditoriale d’Apple4.

Ces sites ont eu trois occasions d’adapter leur modèle, ils ont raté les trois. « Déso pas déso », comme disent les (plus) jeunes.


  1. Une expérience de financement à travers les liens d’affiliation, qui nous a permis de constater à quel point il était difficile de construire un modèle économique autour de l’affiliation à l’heure des applications financées par la publicité ou l’exploitation de données personnelles (sur lesquelles l’affiliation n’a aucune prise), ou par des achats intégrés et des abonnements (sur lesquels l’affiliation n’a qu’une prise limitée).
  2. Le même diagnostic serait valable pour le programme d’affiliation de l’Apple Store (l’affiliation est généralement coupée au lancement de nouveaux produits, c’est-à-dire au moment où les éditeurs vont de toute manière mentionner ces produits et où les clients vont de toute manière les acheter), celui d’Amazon (qui ne va probablement pas fermer son programme, le pionnier du genre, mais ne cesse de toucher au montant des commissions, qui alimentent une économie mafieuse et favorisent des pratiques problématiques), ou de manière générale toute source de revenus (si je voulais que mon salaire soit financé par la société Z, je travaillerais pour la société Z).
  3. Lorsqu’Apple a voulu baisser la commission de 7 à 2,5 %, avant de faire marche arrière.
  4. À quoi bon financer les critiques de milliers de journalistes indépendants, quand on peut en embaucher une dizaine pour écrire de la publicité à longueur de journée ?