Des questions fermées

Anthony Nelzin-Santos

André Gunthert :

J’ai été interviewé récemment par une journaliste de France Info en prévision de l’anniversaire des dix ans de Facebook sur le thème: “Les réseaux sociaux nous ont-ils changé?“. Basé sur trois entretiens (avec Michael Stora, Dominique Cardon et moi-même), l’article est plutôt décevant, en partie parce que la journaliste avait des questions “fermées”. En ce qui me concerne, plutôt que d’essayer de savoir ce que je pensais de la plate-forme, elle voulait m’entendre répéter un jugement déjà exprimé lors d’un précédent entretien, sur la nouveauté de la communication visuelle.

Je me souviens avoir été confronté au même problème lors d’une interview sur la supposée « obsolescence programmée ». Des questions fermées, orientées, s’opposant à toute remise en cause du récit — du mythe, du mensonge ! — façonné par d’autres « journalistes ». En lieu et place de réponses, des soupirs se transformant en grognements se transformant en hurlements de détresse intellectuelle. Résultat : un mauvais épisode d’une mauvaise émission sensationnaliste malheureusement toujours pas déprogrammée (pire, reconduite face à la pression de spectateurs dupes et dupés).