« Digital » : pan sur les doigts (8)

Anthony Nelzin-Santos

Nicolas Hoizey :

Je ne tenterais même pas de justifier la pertinence du terme « digital » en langue française. Je sais que certains dictionnaires l’ont intégré, et que Wikipedia est plutôt tolérant. Mais surtout, je suis d’accord que dans l’absolu il faudrait utiliser le terme français « numérique », pour défendre notre belle langue.

Il ne s’agit pas de défendre notre « belle langue » contre l’envahisseur anglophone. Il s’agit de ne pas introduire de nouvelles ambiguïtés dans une langue qui n’en manque pas. Le mot « digital » a un sens précis, qui n’est pas celui que vous cherchez. Le mot « numérique » a un sens précis, qui est celui que vous cherchez. Pour les mêmes raisons que je dis *«* marketing »1 et *«* sponsor »2, je dis « numérique ». Parce que c’est le mot adapté, et que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Peut-être que ceux qui s’entêtent à dire « digital » ne conçoivent pas bien le « numérique ».


  1. Qui n’est pas équivalent à « mercatique », très exactement définie comme un marketing opérationnel des produits et services de grande consommation (cf. texte 98 sur 126 du Journal officiel de la République française du 2 mars 2010).
  2. Qui n’est pas équivalent à « parraineur » dans le sens de mécène (ou bienfaiteur, bienfacteur, donateur, soutien), mais seulement dans le sens de commanditaire (ou bailleur de fonds, commanditaire, financeur). « Notre belle langue » sait aussi résoudre des ambiguïtés.