Eric Clapton — Pilgrim

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Pour certains, Pilgrim est fade — il faut croire que cet album n’est pas pour le genre de personnes un peu coincées qui tiennent à cantonner Clapton à son rang de légende du blues.

Mais il y a deux Clapton. Le premier est celui qui a mené la deuxième vague de la British invasion avec Cream et a imposé le blues (et le reggae !) à l’Amérique raciste. Le second est celui qui joue du jazz à la maison, qui a enregistré Change the World avec le chanteur de R&B Babyface et Retail Therapy avec le producteur éclectique et électrique Simon Climie.

Pilgrim est une émanation de ce second Clapton, celui qui n’a pas besoin de se cacher derrière le blues et n’a plus rien à prouver. Les solos de guitare sont l’exception dans Pilgrim, et c’est tant mieux : on n’entend pas Clapton le God, mais Clapton l’homme. Le Clapton qui a perdu son petit garçon, le Clapton qui apprend à vivre sans alcool ni drogue, le Clapton qui est un excellent musicien mais n’a jamais été le meilleur.

Comme sa jaquette l’illustre, cet album vient de l’âme de Clapton. Et c’est tout ce qui compte.