John Mayer — Born and Raised

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

J’ai deux avis sur John Mayer : soit je le vois comme un petit con arrogant sans personnalité, soit je le vois comme un sacrément bon guitariste et un chanteur sous-estimé. Born and raised provoque ces deux sentiments.

Cet album relaxe aurait pu être enregistré dans les années 1970 par David Crosby ou J.J. Cale et est si bien produit qu’il en est parfois artificiel. Mais c’est aussi un album qui évoque le samedi soir à la campagne, les amis, la bonne bouffe et la bonne boisson.

Les paroles sont faibles au mieux, mais Mayer est meilleur chanteur qu’il ne l’a jamais été (son granulome a visiblement fait plus de bien que de mal). Les arrangements très ornementés mettent néanmoins dans l’ambiance et permettent d’oublier que Mayer passe l’album à s’apitoyer sur lui-même et à demander pardon pour ses frasques.

Écouter cet album revient à passer un mauvais moment avec un pleurnichard auto-suffisant. L’entendre seulement le transforme en la bande-son parfaite pour un après-midi dominical. Un entre-deux qui est du grand John Mayer, je suppose…