métro[zen]dodo

« Machines » à…

Je me suis récemment payé une « nouvelle » machine à écrire pour stimuler ma créativité. Il est encore trop tôt pour juger de l’efficacité de cette mesure : je n’ai jamais passé autant de temps devant l’ordinateur, et je ne m’en plains pas. Au-delà du côté très anecdotique de cet achat, je ne peux m’empêcher de me demander : et si soudain, le numérique nous était retiré, par un caprice divin ? « Et si ? ».

7 500 déclenchements garantis, disait la notice du Pentax K10D. 7 500, c’était il y a 500 déclenchements, et les problèmes s’accumulent depuis, jusqu’à ce problème très embêtant de mise au point foireuse. Et si je devais revenir au K1000 argentique, ferais-je les mêmes photos ? Ferais-je, même, de la photo ? Et si je devais repasser sous l’agrandisseuse, retrouverais-je mes automatismes ?

Quand j’étais gosse puis ado, la photo, c’était simple : chaque déclenchement me coûtait 1,25 franc. Une pelloche de 24 poses par mois, deux quand l’un de mes parents avait quelque chose à se faire pardonner — autant dire une par semaine quand je faisais l’aller-retour entre les deux apparts. Le mercredi, je m’enfermais pour développer tout ça, à toujours perfectionner la composition des bains, à toujours tenter de trouver de nouvelles combinaisons pour cramer le contraste. Je fais aujourd’hui entre 3 et 500 « clichés » par mois — les petits mois. Et en un clic, je développe comme avant. Plus de pelloches, plus de papier à user1.

Et si soudain, les Mac cessaient de fonctionner, pourrais-je revenir à la machine ? J’apprends doucement à composer avec les défauts de cette antiquité — taper un « l » minuscule pour avoir un « 1 », composer les tabulations à l’aveugle, taper moins vite pour éviter d’entremêler les tiges. De taper moins vite, de prendre le temps de taper, de… réfléchir à ce que je tape ? Je sens que je vais m’amuser.


  1. Je ne dis pas que c’est moins bien. C’est mieux, incontestablement. Je n’ai jamais pris autant de photos correspondant à ce que je vois, et je sais que j’ai encore une marge de progression fantastique, à la prise de vue comme au développement. Et que les outils me permettent de démultiplier cette marge de progression. C’est juste… différent. Mais l’agrandisseuse ne me manque pas.

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