MacStyle ferme. Et alors ?

MacStyle ferme. Trois ans de travail à (presque) mettre à la poubelle.

Une belle histoire…

J’avais créé MacStyle comme un carnet en ligne où je répondais aux (nombreuses) questions de mes proches et amis sur le Mac. Bref, un blog, au sens premier du terme.

Le phénomène de switch s’est intensifié grâce au passage aux processeurs Intel, et MacStyle a commencé à attirer de plus en plus de monde. Et à en attirer encore plus lorsque j’ai commencé à répondre en vidéo sous forme de tutoriels, un exercice venu des États-Unis et encore très peu pratiqué en France à ce moment-là. Il me faut dire là merci à Audrey, dont les Rhinos ont aidé à populariser le tutoriel vidéo chez nous, et qui a connu un énorme succès qu’elle n’a jamais hésité à partager.

Si MacStyle en lui-même ne m’a jamais rapporté grand-chose1, il m’a permis de mettre un pied dans des aventures assez folles, dont Compétence Mac, qui a depuis perdu un peu de son originalité pour devenir un magazine plus conventionnel. Cette fois, il me faut évidemment tirer mon chapeau à David, insatiable dénicheur d’idées, et pourvoyeur de conseils avisés.

Il m’a aussi permis de rencontrer pas mal de gens, trop nombreux pour être cités, mais qui se reconnaîtront. Des personnes avec qui cela a parfois bien fonctionné, puisque leur côté un peu barré s’équilibrait avec mon côté un peu carré, pour mettre sur pied des projets complètement fous, mais qui ont connu un succès carrément insane, comme on aurait dit à ce moment-là.

…victime d’une ambiance nauséabonde

MacStyle n’aurait jamais fonctionné sans un esprit d’échange qui est aux fondements du projet, et qui ne s’est jamais démenti. Cela a donné l’AppleNews MQCD, qui m’a mis le pied à l’étrier en échange de ma présence le dimanche matin via une connexion Skype parfois chancelante. Cela a donné les partenariats ponctuels avec plein de sites, qui nous ont permis de créer de nouveaux contenus chacun de notre côté et ensemble. Cela a donné les keynotes en vidéo avec Éric et Julien.

Bref, une ambiance un peu joyeuse, où on se répartissait parfois les sujets selon nos préférences personnelles et aussi nos statistiques (quand l’un marchait mieux que l’autre, il ralentissait un peu), histoire de proposer un maximum de contenu sans jamais trop se marcher sur les pieds. Et quand les sujets se recoupaient, c’était pour proposer deux visions différentes. Je n’oserai pas dire que nous avions une haute opinion de notre fonction de geeks alpha, parce que nous regardions quand même nos revenus et nos statistiques, mais il y avait ce quelque chose qui faisait que l’ambiance était bon enfant.

Cela a changé vers avril 2009. De nouveaux sites sont arrivés, et ne sont pas insérés dans ce réseau informel de communication, alors même qu’ils étaient parfois là depuis longtemps, et faisaient partie de notre cercle élargi de connaissances. Ils ont su se développer à un moment où nous avions moins de temps libre qu’eux, ont parfois eu le talent de la maîtrise technique, mais pas de celle du contenu, ni celle de l’honnêteté ou de l’originalité. Je dois reconnaître que leur croissance à marche forcée a été couronnée de succès, mais je me demande à quel prix ce succès a été obtenu : les atermoiements et les tergiversations récents2 sur tous ces sites sont révélateurs d’un problème plus profond que ce qu’un changement de charte graphique ne peut exprimer. Mais les faits sont là : je ferme, ils restent. Parce que la plupart des lecteurs sont dupes3.

C’est aussi

MacStyle, c’est aussi deux CMS différents en trois ans (WordPress et Drupal), un million et demi de visiteurs uniques en trois ans, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de commentaires et de courriels.

Trop, parfois, et je dois avouer que ne plus avoir à répondre aux questions des lecteurs depuis quelques mois est reposant. Parce que MacStyle, c’est aussi quelques dizaines de nuits blanches, une centaine de tutoriels vidéo répartis sur les trois versions différentes du site, quelques milliers de lignes de code.

Et un million de mercis à tous ceux qui ont rendu tout cela possible, lecteurs, partenaires et amis.


  1. De quoi payer mes factures, mais pas plus. 

  2. Oui, atermoiements et tergiversations. Deux mots, neuf syllabes. Non mais. 

  3. Chemin faisant (pan-pan), je viole la règle no 1 du rédacteur hypocrite : ne jamais cracher sur ses lecteurs.