Marina and The Diamonds — Electra Heart

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Parfois, on peut juger un album à sa jaquette. La petite brune que je connaissais sous le nom de Marina Diamandis semble avoir été injectée aux hormones de Kate Perry, Gwen Stefani, Lana Del Rey et Madonna pour devenir la super-héroïne moderne connue sous le nom d’Electra Heart. Mais une super-héroïne qui souffrirait d’un sérieux trouble de la personnalité multiple et serait tout à la fois une diva internationale, une poupée siliconée, une ado punkette et une femme fatale.

Ce sont les quatre facettes de l’« anti-égo » de Marina Diamandis, censées décrire la jeunesse débauchée qui a mis à genoux le rêve américain — censées, car cette personnalité est trop artificielle pour être convaincante. Est-ce un hasard si les seules chansons remarquables de cet album ont été écrites par une Marina Diamandis sans fard ? Primadonna, comme les autres chansons composées par la clique d’Electra Heart, est convenue et médiocre.

Si Electra Heart voulait critiquer Lady Gaga, pourquoi diable l’imiter ? Cet apprenti sex-symbol grandiloquent n’est au final rien de plus qu’une pâle copie débarquant dans un marché saturé. Dommage : lorsqu’elle n’était qu’une petite brune à la voix de bronze, Marina Diamandis était au contraire unique en son genre. Et l’est encore, lorsque l’on gratte le vernis, comme le montre Fear and Loathing.

Pourvu que Marina Diamandis parvienne à étouffer Electra Heart, avant que l’inverse ne se produise…