Mark Andrews — Rebelle

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Il y avait jusqu’ici deux types de films Pixar : les bons, et les très bons. Il faut maintenant y ajouter un troisième type : les bons Pixar qui sont en fait de purs Disney.

Car Rebelle est un film Disney typique, pour ne pas dire caricatural, avec sa princesse, ses petites chansons et sa grande morale. Il lui manque ainsi la profondeur habituelle des Pixar, qui peuvent être vus d’une manière par les enfants et lus d’une autre par les parents, les deux groupes se rejoignant dans le plaisir provoqué par la trame narrative.

Mais bien que Rebelle suive à la lettre le plan en trois parties des Disney, il renouvelle aussi subtilement le genre, en y apportant la dimension sociale que l’on retrouve dans presque tous les Pixar. Finies les Blanche-Neige et les Cendrillon, au moins aussi subversives que les caleçons de modestie. Oubliées les Jasmine et les Pocahontas, au moins aussi iconoclastes que les fers à repasser électriques. Voici une Mérida proprement rebelle et véritablement en phase avec son temps, c’est-à-dire le nôtre.

Le dessin animé à un rôle social incontestable : Blanche-Neige était un conte foncièrement anti-féministe et 60 ans plus tard, Aladdin ou Pocahontas perpétuaient toujours le mythe du prince charmant, quoique dans des univers plus exotiques. Rebelle dépasse ces clichés dans un contexte doublement intemporel, celui d’une Écosse qui pourrait être celle d’aujourd’hui, celui de l’adolescence qui a toujours été une charnière. Il donnera aux petites filles de cette génération d’autres rêves, et aidera peut-être mes futurs fils à avoir moins de pression sur les épaules.

Rebelle est un Disney donc. Mais un Disney Pixar.