Le changement climatique nous bourre la gueule

Je savais que le dérèglement climatique affectait la maturation du raisin, augmentait les phénomènes violents pouvant toucher les récoltes, et perturbait la saison des vendanges. Je savais aussi qu’il va forcer la redéfinition des appellations avec le remplacement des cépages par des variétés adaptées aux conditions changeantes, et entrainer la création de nouvelles appellations. Les domaines skiables deviendront peut-être des domaines viticoles, les grands crus du 21e siècle seront peut-être bretons, le futur du champagne se joue peut-être dans le sud de l’Angleterre.

Mais je n’avais jamais fait le lien (pourtant évident) avec la teneur en alcool. « L’augmentation de la température entraine celle du sucre dans les baies, et donc de l’alcool dans la bouteille », explique Benjamin Bois de l’Institut universitaire de la vigne et du vin de Dijon, « conjuguée à la diminution de l’acidité, autre effet induit, c’est le profil même des vins qui change. » Sur les trente dernières années, le vin a gagné un degré d’alcool par décennie, avec de fortes variations locales.