Neil Jomunsi — Jésus contre Hitler

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Jésus contre Hitler. Le titre du livre de Neil Jomunsi est déjà prometteur dans le registre du grand n’importe quoi. Et puis l’on voit des mains de zombie former une croix gammée sur la couverture, et l’on est pris d’une petite appréhension. Bon sang, avec tout ça, il y a intérêt à ce que ce soit bon. Sinon ce sera Nelzin contre Jomunsi, version égorgement au couteau à beurre.

50 pages plus tard, la messe est dite (ah, ah) : bon sang, c’était bon. Il y a donc Jésus avec un flingue, Hitler avec des zombies, et tout un tas de clichés génialement orchestrés. C’est proprement nerdgasmique, d’autant que ce n’est pas écrit comme la première fan-fiction venue.

La fin appelle à une suite, et on veut en lire plus. Ça tombe bien, il y a d’autres « tomes ». Oui, « tome » a visiblement été redéfini, et je ne suis pas sûr d’apprécier ce qu’il signifie désormais. Ce Jésus contre Hitler est la première dose gratuite censée vous rendre addict à une série payante. Et qui vaudra au final plus cher que n’aurait valu un seul roman dont chacun de ces « tomes » aurait en fait formé des chapitres.

Le marché du livre ne se porte pas fantastiquement bien et je suis un fervent promoteur des formats alternatifs, mais je ne suis pas convaincu par cette démarche censée pour l’éditeur, mais pas franchement profitable pour le lecteur. Et qui m’a gâché Jomunsi (et un peu Walrus Books aussi).