Oswando — Os'Moz

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Os’Moz propose certes un chouette voyage de l’Afrique centrale à Détroit en passant par les côtes de la Normandie. Mais un voyage avec quelques turbulences.

On peut lire ici ou là qu’Oswando rappelle Ben Harper ou Keziah Jones, et il y a en effet dans cet album quelque chose de primitif, de moins suave que la soul mais en même temps de plus profond, de plus touchant, de plus entier. Ce sentiment dépend néanmoins de la langue dans laquelle Oswando chante : il est poète mélancolique en français, et son lingala syncopé est envoûtant. Son anglais ? Plus artificiel, plus forcé, moins authentique.

Un contraste d’autant plus saisissant que tout au long de l’album, le backing band est assuré, lumineux, aérien, énergique, coloré. Il met parfaitement en valeur la voix d’Oswando, imparfaite mais touchante sur Normandie ou percutante sur Ta Nzambé — mais révèle aussi son manque d’articulation et d’ampleur sur un morceau comme Dark Child.

Une impression en demi-teinte confirmée par la production étrange de cet album, au son très compressé, peu dynamique, parfois étouffant. Vite, un nouvel album.