Pablo Berger — Blancanieves

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Un quart d’heure après le début du générique, un homme au troisième rang a quitté la salle. Je suppose que les scènes de corrida ont eu raison de sa patience plus que le film lui-même — un film espagnol en noir et blanc, muet, au format 4:3.

Un quart d’heure avant le début du générique de fin, je me suis demandé si je n’aurais pas dû en faire autant. La beauté sévillane de la Blanche Neige, le sado-masochisme de la marâtre, les sept nains qui étaient six tout droit sortis d’un tableau de Vélasquez, il y avait là de quoi dépasser Buñuel.

Mais comme Hazanavicius, Berger reste dans le simulacre, dans le fantasme esthétique, dans l’exercice de style, sans jamais se servir des codes du film ancien pour faire un film novateur. Voilà qui est sans doute plus cruel que toutes les mises à mort de taureaux…