Peter Berg — Battleship

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

La bande-annonce de Transformers 3 : La Face cachée de la lune a presque essayé de vendre ce film de petites tutures transformables en un chef-d’œuvre de complexité psychologique. Celle de la dernière franchise de Hasbro a au moins eu le goût d’annoncer clairement la couleur : Battleship est un film à grand spectacle sans la moindre prétention intellectuelle.

Pour atteindre le cœur du film, au bout d’une vingtaine de minutes, il vous faudra supporter une prolepse dispensable et des explications scientifiques farfelues. Votre attente sera récompensée par 100 minutes de schiiiiuiiiin, de kaboooom, de tchakachakachakacha et j’en passe, bref, de tout ce que l’on demande à un film d’action. Si la fin est connue à l’avance, le déroulement est suffisamment bien mené pour relancer régulièrement l’intérêt — même si la perspective d’assister à une véritable partie de bataille navale m’effrayait, je dois avouer que cette scène est finalement une des meilleures du film.

Battleship ne peut néanmoins échapper à quelques poncifs qui noircissent le tableau. La présence de la minorité de service dans l’équipage d’abord, ici double (une femme noire), même si Rihanna surprend en étant crédible. Le parcours d’initiation du héros, qui de l’abruti de service devient en un clin d’œil le seigneur de guerre citant Sun Tzu. Et l’éternel triomphalisme américain — ne vous y trompez pas, la présence japonaise n’est qu’un trompe-l’œil, la Force maritime d’autodéfense nippone utilisant des bâtiments dérivés de la classe Arleigh Burke qui forme le centre de cette bataille navale.

Si l’on est vraiment capable de mettre son cerveau en pause, Battleship est incroyablement primaire et donc incroyablement amusant. Reste à réussir, l’espace d’une heure et demie, à retomber en enfance…