Peter Jackson — Le Hobbit : Un voyage inattendu

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Treize nains me mettant une tête partent arracher leur royaume perdu des griffes d’un dragon endormi, accompagnés par un Watson aux grands pieds et un Magneto barbu. Jackson tire de ce scénario de téléfilm de Gulli trois films de 2 h 45, et encore ne s’agit-il que de la version courte.

Pour remplir, il flatte le fan du Seigneur des anneaux en remplissant le cahier des charges devenu habituel, justifie le budget de la 3D HFR1 avec des plans dispensables mais accrochant la rétine jusqu’à vous la décoller et cale même un épisode de Glee consacré aux tubes de la Terre du Milieu. Le tout brodé de palabres à n’en plus finir, sans doute destinées à assommer le spectateur critique.

On en oublierait presque le scénario, mais il est vite rappelé entre deux fonds verts, ceux des travellings esthétisants sur les plaines néo-zélandaises et ceux des dérangeantes scènes en images de synthèse. Un ensemble fait de bric et de broc englué par la mélasse auditive de Howard Shore, qui a le bon ton de bercer le spectateur désormais totalement léthargique.

S’il n’était un antépisode du Seigneur des anneaux, Le Hobbit : Un voyage inattendu ne serait rien d’autre qu’un film de fantasy de seconde zone. Mais la franchise a depuis longtemps dépassé Peter Jackson et est semblable à Smaug : un monstre tapi sous un tas de fric.


  1. cf. David Legrand, « Le Hobbit : faut-il craquer pour le HFR 3D à 48 images par seconde ? », PC Inpact, 14 décembre 2012.