Pierre Morel — Taken

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Attention, si vous n’avez pas vu ce film (vous avez de la chance), je dévoile des éléments clefs de l’intrigue (ou de ce qui ce veut être une intrigue) dans la suite.

J’ai dix-huit ans, mais je cours toujours à travers la maison en pantoufles fourrées et pyjama rose, faisant flotter mes couettes au vent— et je veux toujours un poney pour mon anniversaire. Bref, je suis une cruche.

Ma meilleure amie est toute aussi cruche que moi. Fraîchement débarquée à Paris, elle accepte de partager un taxi avec un inconnu, lui donne son adresse exacte — il lui aurait demandé son numéro de carte bleue qu’elle le lui aurait donné.

Comme je lui suis ce que le pot de chambre est aux fesses fripées d’une rombière qui a dépassé sa date d’expiration, je n’y oppose aucune résistance, et me voilà kidnappée par des Albanais. Pas la peine de dire « méchants Albanais », tout le monde sait que les Européens de l’Est sont des dealers sans foi ni loi, des violeurs d’enfants et des proxénètes.

Mais mon cher Papa est un super agent spécial, alors il me délivre après avoir retourné tout Paris et tué 10 % de la population albanaise en deux jours, armé d’un trombone. Ouf, j’ai failli être dépucelée par un Arabe. Pas la peine de dire « gros cheik pervers puant »… on est dans un Besson après tout.