Régis Roinsard — Populaire

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Il y a dans Populaire toute la simplicité du pitch, la densité des images et la perfection des décors que l’on attend du réalisateur de publicités qu’est Régis Roinsard. Des voitures aux décors, des accessoires aux tics verbaux, tout est fait pour vendre au spectateur l’image qu’il se fait des années 50.

Populaire a ainsi tout ce qu’il faut pour être une de ces petites comédies familiales un peu loufoques comme on en produit tant, parfaites pour le créneau du dimanche soir sur TF1. Déborah François est adorablement talentueuse et Romain Duris a juste ce qu’il faut d’agaçant pour que le duo fonctionne à merveille. On se prend à rire aux éclats devant ce film… populaire au rythme aussi effréné que la cadence de frappe de Rose Pamphyle.

Mais il a fallu ajouter à Populaire un vague message féministe de troisième zone où la machine à écrire est un moyen d’émancipation. Une idée tarte qui fait tatin : la dactylo n’est finalement rien d’autre que l’objet du désir de grandeur d’un pygmalion agent d’assurance, un « petit animal craintif » qui a des velléités d’indépendance mais revient bien vite au bercail. On se prend à hausser des sourcils devant ce film… populiste dont les ressorts se brisent comme les tiges de la machine à écrire de Rose s’emmêlent.

Régis Roinsard signe là un film beau. Mais il en faudra plus pour signer un beau film.