Robert Lorenz — Une nouvelle chance

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Certes, Clint Eastwood joue les vieux cons à la perfection — il faut dire qu’il en est un, et complètement sénile en plus de ça. Certes, Justin Timberlake est plus qu’un chanteur. Certes, Amy Adams n’a désormais plus rien à prouver. Mais Une nouvelle chance utilise des ficelles grosses comme des câbles sous-marins, et ce n’est pas la mise en scène digne des meilleures séries TV américaines de quatrième zone qui aide.

Ce qui aide, mais pas beaucoup tant le travail à faire est énorme, c’est la bande-son. Elle vient du delta, du fleuve et des plaines, elle est noire, elle est blanche. Elle est profondément Américaine, et parviendrait presque à percer l’hermétisme des Européens au baseball. On se prend à taper du pied comme les frappeurs tapent de la batte, à essayer de deviner le prochain morceau comme ils essayent de deviner quelle sera la prochaine trajectoire de balle.

Bref, Une nouvelle chance est un film raté de Robert Lorenz et une superbe BO de Marco Beltrami. Mais avant tout un film raté.