métro[zen]dodo

Des « smartphones » pliables

Cherlynn Low, Engadget :

We also have to talk about that cost. At €2,299 to start, the Mate X is pretty prohibitively priced – who has that kind of money to spend? According to Wong, it’ll be early adopters who initially buy the phone. These are people who worship new technology, and for them, it’s not just about the folding screen – it’s also about the Balong 5000 5G modem and the promised benefits of millimeter-wave 5G.

Le concept de smartphone pliable n’est pas inintéressant. Ces produits le sont, parce qu’ils n’ont aucune raison d’être. Ces preuves de concept sont le fruit d’une technologie corrompue, tournée vers elle-même (« regardez comme je suis perfectionné ! ») plutôt que vers l’utilisateur (« ressentez comme je vais changer votre vie ! »).

Ce sont des « tablettes pliables », pas des « smartphones » pliables1. Ce sont des nouveautés, au sens le plus mondain du terme, pas des innovations. Clement Wong, directeur du marketing mondial de Huawei, parle de produit conçu pour les « primo-adoptants qui vénèrent les nouvelles technologies » ? J’entends « nous ne savons absolument pas à quoi tout cela rime, mais si jamais cela marche, il faut que nous puissions dire que nous étions là ».

Ces produits ne disent rien du futur, mais tout du présent2. Dans un marché saturé, les fabricants expérimentent comme les poulets courent sans tête. Pourquoi s’embêter à résoudre les problèmes des utilisateurs, puisque les clients sont volages ? Faute de fidéliser les uns, il suffit d’éblouir les autres.

Quitte à tourner des écrans fragiles vers l’extérieur, percer la dalle de trous aux formes toujours plus alambiquées pour mieux affiner les bordures, oublier que les gens utilisent des coques et des films de protection. Nous sommes revenus au milieu des années 2000, quand tout le monde distinguait le smartphone, mais que personne ne le voyait clairement.

Le futur, ce n’est pas le smartphone, pliable ou pas. Nous sommes au début d’un grand mouvement de déconcentration3, les capteurs et fonctions sortent du smartphone pour intégrer des appareils dispersés sur et autour de nous. Finalement, les « smartphones pliables » ne sont pas complètement inutiles : ils éprouvent les écrans flexibles dont ces futurs appareils auront besoin.


  1. Une différence moins pédante qu’il n’y parait : qui peut croire que l’on utilisera ces appareils de la même manière que l’on utilisera celui que Motorola s’apprête à présenter, qui possède les dimensions d’un smartphone une fois déplié ?
  2. Je n’attends pas des fabricants qu’ils prédisent le futur, mais j’attends qu’ils aient l’ambition de l’inventer. Prenez la présentation de l’iPhone : des trois usages présentés, le moins applaudi est aussi le plus important, la connexion permanente au web qui a permis la révolution des applications. Apple n’a pas prédit le futur, mais elle avait des idées claires sur la manière de le mettre en route.
  3. Un mouvement paradoxal, puisque la déconcentration passe par une centralisation, celle des données.

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