The Pretty Reckless — Light me up

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Je ne sais pas pourquoi je suis complètement passé à côté de Light me up des Pretty Reckless, à part peut-être que j’avais la tête dans les cartons au moment précis où il apparaissait dans les bacs. Bon sang que le déménagement serait allé plus vite si j’avais eu cet album dans les oreilles.

Il paraît que la chanteuse du groupe s’appelle Taylor Momsen, et il a fallu que je consulte l’oracle Wikipedia pour apprendre que la jolie blonde de l’âge d’une de mes sœurs a joué dans Gossip Girl, série dont je devrais connaître l’existence parce qu’elle fait un tabac chez les adolescents. Ce qui commence mal, très mal : une actrice qui chante, qui est plus du rock, ça va forcément faire mal. Les deux albums de Scarlett Johansson sont des désastres sur disque (quoique Break Up reste un de mes péchés mignons), et j’arrive à rapprocher Carla Bruni de Zooey Deschanel pour le mouvement de tête que me causent leurs disques, oreille en avant.

Et pourtant, dès les premières notes, du Jack White, du Blondie, du cliché qui ne sonne jamais totalement faux. Le bruit d’une cigarette qui s’allume, une blonde qui tousse, puis feule un « somebody mixed my medicine » qui me provoque la même sensation entre les omoplates que si ses ongles y étaient plantés. Ce qui me vaudrait un aller simple derrière les barreaux, puisque cette voix si rauque mais si fine appartient à une mineure. Light me up, c’est ça, un dos labouré par la manucure d’une blondinette qui n’a pas le droit de vote : vous savez que c’est mal, mais vous ne pouvez vous empêcher d’en redemander.