Timur Bekmanbetov — Abraham Lincoln, chasseur de vampires

Cet article est issu de Kusikia, un exercice d’écriture de courtes critiques culturelles, publié entre mai 2012 et mars 2013.

Abraham Lincoln, chasseur de vampires, c’est d’abord un roman de Seth Grahame-Smith salué par la critique comme un superbe mélange entre la fiction vampirique et la fresque historique — comme son Orgueil et Préjugés et Zombies donc, que j’avais absolument adoré. Voir Grahame-Smith signer le scénario de l’adaptation cinématographique avait donc attiré mon attention. Mais le résultat est un ratage en règle.

Je suis certes un historien spécialiste de l’Amérique du Nord, mais je ne pense pas être le seul à avoir relevé les très nombreuses erreurs historiques de l’adaptation d’Abraham Lincoln, chasseur de vampires. La mort de Thomas Lincoln est avancée de 30 ans, les années 1840 à 1860 incroyablement réécrites, et le pauvre Robert Todd Lincoln oublié. Ce film n’est certes pas une leçon d’histoire, mais ce sont les faits historiques qui servent de base aux incursions dans le récit fantastique.

Et le traitement visuel ne parvient pas à tenir cet édifice bringuebalant ; pire, il ne fait qu’accentuer le malaise. Timur Bekmanbetov passe les images sous un filtre nauséeux, ses chevaux en 3D semblent provenir d’un film d’horreur de série Z et ses scènes de bataille d’un jeu vidéo des années 80s. Le maquillage du pauvre Benjamin Walker ne fait que renforcer son manque déprimant d’expressivité.

Abraham Lincoln, chasseur de vampires aurait pu être un incroyablement bon divertissement. Il fait rire, oui. Mais jaune.