Voir avec les mains au musée du Prado

Anthony Nelzin-Santos

Cet article est issu de Cartel Mère, une étude de la manière dont l’art interroge la technologie et dont la technologie inspire l’art, publiée avec Cécile Jourdain entre juillet 2014 et avril 2015.

3Dnatives :

Pour recréer les tableaux, le musée du Prado a recouru à une technique d’impression 3D dénommée Didú, développée par la startup espagnole Estudios Durero. Près de quarante heures de travail sur chaque image ont été nécessaires pour définir les volumes et les textures, avant de passer à l’impression 3D à partir d’une encre spéciale et l’application d’un procédé chimique.

Le Musée du Prado a sélectionné cinq tableaux parmi ses collections, recréés en trois dimensions dans le cadre d’une exposition intitulée « Toucher le Prado ». Le procédé de lecture tactile des œuvres, déjà utilisé mais sans le procédé d’impression 3D au Musée des Beaux-Arts de Lyon par exemple, permet au Prado de développer les dispositifs d’accessibilité mis en place pour les publics dits « empêchés ». Chaque détail compte et chaque élément est étudié pour que sa texture devienne le référentiel du public malvoyant. L’événement est temporaire mais les réalisations 3D des toiles sont très probablement destinées à intégrer les salles d’exposition, et marquer de façon pérenne l’avancée des réflexions des musées dans le domaine de l’accessibilité.